Régler les comportements indésirables : simple comme 1-2-3

Par Lucie Malouin, B.Sc, CTC, PCBC-A, MCP

Publié dans le journal l’Écho du Lac, édition janvier 2021,  volume 15 numéro 1

Lorsque notre chien produit un comportement que nous trouvons inacceptable, souvent, la première chose qui nous vient à l’esprit est de dire «NON» d’un ton ferme ou de tirer sur la laisse. Parfois nous parvenons à faire cesser le comportement sur le champ, mais soyons honnêtes, le problème revient toujours. Pourquoi? La motivation! Nos chiens sont extrêmement futés pour calculer le ratio coûts/bénéfices de chacun de leurs gestes. Si la tranche de pain au beurre d’arachide sur le comptoir est à portée de museau et que le châtiment de se faire prendre est une réprimande verbale, le jeu en vaudra la chandelle! Cela dit, je déconseille fortement d’escalader la réprimande, car il y a plusieurs effets secondaires potentiels sérieux. Voici une recette simple en trois étapes, éprouvée et convenant à un large éventail de comportements indésirables.

#1. Une gestion adéquate de l’environnement et de l’animal

Il faut d’abord contrôler l’accès aux sources de renforcement. Voici quelques exemples. Un chien qui saute sur les visiteurs ne pourra pas le faire s’il est maintenu en laisse à une distance appropriée. Un chien qui quémande à la table ne pourra pas le faire s’il est invité à travailler sur son jouet interactif rempli de nourriture délicieuse dans une autre pièce dont l’accès est retreint par une barrière de bébé. Un chien qui vole et gruge des chaussures ne pourra pas le faire si elles sont rangées à l’intérieur d’un garde-robe. Certaines personnes sont satisfaites avec cette étape et ne souhaitent pas aller plus loin.

La gestion : l’utilisation d’une longe lors d’une balade en forêt où l’on rencontre fréquemment des porcs-épics.

#2. L’identification d’un comportement alternatif acceptable

Au lieu de dire « non » au chien, identifions ce qu’il pourrait faire à la place. Reprenons les trois exemples. J’aimerais que mon chien s’assoie afin d’avoir accès aux visiteurs. J’aimerais que mon chien se couche et reste sur son coussin au salon pendant l’heure du repas. J’aimerais que mon chien gruge des items appropriés et sécuritaires pour lui.

Avec de l’entrainement, ce chien pourrait apprendre rapidement à aller sur son coussin plutôt que d’inspecter la table à manger vide. Crédit photo: Cindy Hurens

#3. L’entrainement du nouveau comportement choisi

Finalement, une fois le comportement de remplacement choisi, on l’entraine. La façon d’établir un plan d’entrainement dépasse la portée de cet article. Toutefois, des principes généraux s’appliquent. Il faut s’assurer que le chien est motivé à apprendre. Le niveau de difficulté doit être approprié afin que ce soit plaisant autant pour l’humain que pour le chien. On doit maintenir un bon taux de succès, sinon on risque de décourager l’animal. Prenons le chien qui saute sur les visiteurs. Il faut d’abord enseigner au chien à s’asseoir, en dehors du contexte des visiteurs. Ensuite, il faut ajouter des distractions comme une récompense que l’on tient au-dessus de sa tête. Il saute? On cache la récompense dans notre dos et l’on recommence. Il reste assis? On lui offre la récompense. On augmente graduellement la difficulté pour arriver à entrainer dans le contexte initial.

Si vous avez besoin d’aide avec les comportements indésirables de votre chien, n’hésitez pas à contacter un intervenant en éducation canine qualifié. Dans ce milieu non réglementé, informez-vous à savoir si la personne travaille dans le respect des limites de chacun, autant les vôtres que celles de votre chien. Ne tolérez aucune violence ou aucun abus physique. La collaboration volontaire et la motivation donnent des résultats supérieurs à plusieurs égards.